3.4 Ceinture noire (approfondissement)

Le contenu sur cette page est facultatif. La section Ceinture noire contient des études de cas supplémentaires, de l’information additionnelle, et des vidéos pertinents. Vous pouvez, par contre, choisir de continuer immédiatement à la page Conclusion pour compléter le module.

Étude de cas 2 – Famille de réfugiés congolais

Un bébé congolais malade.
Crédit photo: United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) website

Enfin, vous rencontrez la famille pour des examens. Vous avez trouvé que sa fille de 3 ans est petite pour son âge. Mme Jemi explique leur situation avant d’arriver au Canada. Selon elle, la famille a été exposé à un manque de nourriture pendant plusieurs mois, et que, à leur arrivée dans le camp de réfugiés y a 6 mois, la fille présentent des brûlures anormales, un éclaircissement de la chevelure et un œdème. Elle a également présenté une diarrhée mais il n’y avait aucune preuve de la perte de masse musculaire. Vous commencez à comprendre que la jeune fille souffrait de malnutrition avant de déménager au Canada.

Question 1: Quelle carence nutritionnelle présentent la jeune fille à l’arrivée dans le camp de réfugiés?
Question 2: Comment auriez-vous la traité?
Question 3: Maintenant que la famille s’installe au Canada, lesquels autres mesures allez-vous prendre pour assurer des soins nutritionnel optimal de l’enfant?


Perspective d’un nutritionniste

Une photo de Diao Sanou
Dr. Diao Sanou
Public Health Nutritionist,
University of Ottawa

En tant que nutritionniste, je pense que la fille de trois ans souffrait de kwashiorkor. Le kwashiorkor est une maladie qui affecte les enfants de 1 à 5 ans ayant été exposés à une carence sévère en protéines et énergie. Cette carence résulte à une alimentation de faible qualité, la malabsorption des nutriments ou la présence de maladies en particulier les infections.

La prise en charge du kwashiorkor inclut :

  • une perfusion intraveineuse afin de rétablir l’équilibre électrolyte,
  • l’utilisation d’antibiotiques ou de déparasitants pour traiter les infections
  • une supplémentation en vitamines et minéraux pour corriger les éventuelles déficiences nutritionnelles
  • une augmentation graduelle des apports énergétiques des glucides et des gras non saturés
  • une augmentation graduelle des apports alimentaires en protéines

Prise en charge nutritionnelle optimale

Une deuxième photo d'un bébé congolais malade.
Crédit photo: Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) site web.

Pour s’assurer que tous les problèmes nutritionnels de cette enfant et les facteurs de risque sont identifiés, je vais recommander analyse biochimique, y compris la glycémie, les taux de protéines totales, le comte total de sang, l’anémie, les maladies des cellules malades et faire traiter tout problème nutritionnel potentiel identifié. Une évaluation du régime alimentaire devrait être d’entreprendre, y compris les modes de consommation actuels, les préférences culturelles des aliments et de l’exposition dernière à la pénurie alimentaire.

Je vais recommander la famille à participer à une session d’éducation nutritionnelle à un organisation de services des réfugiés et/ou immigration dans une langue qui est bien compris par Mme Jami. Ils devraient être recommandés une visite à l’épicerie locale avec un diététicien communautaire qui vous fera partager des informations sur la lecture des étiquettes des produits alimentaires et de faire des choix alimentaires sains. La diététiste vous expliquera comment choisir les graisses saines, comment réduire la consommation de sucre et augmenter les fibres des grains entiers, et la façon de réduire l’apport en sodium.

Si possible, je donnerai un exemplaire du Guide alimentaire canadien pour manger sainement, et une liste et l’adresse des épiceries y compris les magasins ethniques, et la banque alimentaire locale. L’introduction de la famille à l’association congolaise ou un communauté de langue swahili sera également utile.


Étude de cas 3 – Exploration du système de soins de santé canadien en tant que réfugié congolais

Un réfugié Congolais en train de boire du café.
Ceci n’est pas un vrai patient.

Mani est un homme de 28 ans qui a passé 3 ans dans un camp de réfugiés de l’UNHCR à la frontière kenyane. Il avait eu la douleur abdominale intermittente pendant des mois dans le camp. Maintenant qu’il s’est installé au Canada, il a espoir que les médecins ici peuvent l’aider.

Après avoir reçu sa carte d’assurance maladie, Mani décide d’aller au service des urgences de l’hôpital de la ville, puisque cela semble être un lieu naturel de voir un médecin. Il attend 10 heures pour être vu pour des douleurs abdominales chroniques.

Le médecin urgence commence à prendre l’histoire, mais puisque Mani ne peut pas parler anglais ou français et l’urgence n’a pas de services d’interprétation disponibles, ils s’efforcent de communiquer sans interprète.

Le médecin se heurte à des difficultés pour obtenir une grande partie de l’histoire et procède ainsi à l’examen de l’abdomen de Mani et commande quelques tests ..

N’ayant pas aboutit à des trouvailles anormales, il dit à Mani que ses symptômes sont probablement dus au stress relié à ses récents voyages et l’anxiété de recommencer sa vie dans un nouveau pays.

Question 1: Quels sont certains des problèmes rencontrés par Mani dans cette rencontre médicale?
Question 2: Quels sont certains obstacles que les réfugiés rencontrent lorsqu’ils tentent d’accéder aux systèmes de soins de santé au Canada?

The X-Factor

Graphique représentant les obstacles qui affectent la capacité des réfugiés à accéder au système canadien de soins de santé. Les six obstacles sont les suivants: 1. Croyances, connaissances, sensibilité culturelle et compétence culturelle des fournisseurs, 2. Confiance, 3. Langue, 4. Éducation, 5. Croyances culturelle, 6. Obstacles inhérents au système: services d'interprétation, rémunération à l'acte.
Pottie K, Ortiz L, tur Kuile A. Preparing for diversity: improving preventive health care for immigrants. Our Diverse Cities, Metropolis 2008 Mar 3.

Étude de cas 3 – Exploration du système de soins de santé canadien en tant que réfugié congolais (revisité)

Trois mois plutard, la douleur abdominale éprouvée par Mani ne s’est pas résolue, mais de fait, s’empirait.

Une connaissance qu’il rencontre à l’épicerie locale l’informe au sujet d’une nouvelle clinique en ville qui dessert plusieurs patients immigrants et réfugiées. Bien que sa foi en la médecine canadienne s’affaiblit, il décide d’essayer de nouveau.

Cette fois-ci, la présence d’interprètes sur place a permis la prise d’une histoire complète, aboutissant à la collecte de plus d’information à propos de la douleur abdominale.

Parallèlement à l’investigation de la douleur abdominale, ce médecin pose plusieurs questions se rapportant à son état de santé et les défis affrontés lors de son exode de sa maison. Il met également l’accent sur la prévention et la promotion de la santé.

Question: Maintenant que vous avez un interprète disponible, que demanderez-vous à Mani?

Douleur abdominale chez un réfugié:

  • Généralement, commencer avec une anamnèse incluant le caractère, la localisation, l’apparition, la durée, la radiation (si la douleur semble se propager ou se déplacer), ainsi que les facteurs aggravant et améliorants.
  • Des questions plus spécifiques en fonction de la trajectoire de migration du réfugié sont primordiales et c’est là qu’intervient l’expert.

Questions à considérer:

  • Combien de temps a-t-il passé dans un camp de réfugiés?
  • A-t-il subi tout traumatisme physique ou psychologique?
  • Quelle était la qualité de l’approvisionnement en eau?
  • A-t-il été exposé à la tuberculose et autres éclosions de maladies infectieuses?

Pottie K, Greenway C, Feightner J, Welch V, Swinkels H, Rashid M. et al. Evidence Based Guidelines for Immigrant and Refugees. CMAJ in press 2011.

À la suite d’un questionnement plus approfondi, vous découvrez ce qui suit:

  • La douleur a été présente pour 6 mois
  • Elle est décrite comme un endolorissement, et devient aigue par moments
  • Elle ne se déplace pas, mais demeure dans les quadrants supérieurs de l’abdomen
  • Elle semble pire après l’ingestion de repas
  • De temps à autre, ses selles alternent de liquides à plutôt sèches et dures

À l’examen:

  • Vous trouvez que son abdomen est mou et que les bruits intestinaux sont normaux;
  • Les quadrants supérieurs sont légèrement sensibles;
  • À l’examen respiratoire, vous découvrez quelques sifflements dans les côtés droit et gauche;
  • Ses bruits cardiaques sont normaux;
  • Le reste de l’examen est dans les limites de la normale.

Question 1: Quelles sont les causes possibles de la douleur de Mani?
Question 2: Quelles investigations envisageriez-vous pour vous aider à confirmer votre diagnostic?

Diagnostic différentiel

  • Parasites non traités (strongyloides, schistosomiase, ascaris, ankylostome, etc)
  • Helicobacter pylori (Reflux gastro-œsophagien), reflux acide
  • Ulcère gastroduodénal
  • Complications du paludisme (splénomégalie)
  • hépatite
  • TB (disséminée)
  • Anxiété / stress (psychosomatique)

Diagnostic et résultats

  • L’hémogramme était normal, à l’exception d’une légère anémie (pas d’éosinophilie)
  • La coproculture pour la détection de bactéries et parasites était négative
  • Vu que Mani est originaire de l’Afrique sub-saharienne, des analyses de sang (sérologie) ont été commandées à la recherche de parasites puisqu’ils ne sont pas toujours détectable par la corproculture
  • Mani a été diagnostiqué avec la schistosomiase et a été traité avec praziquantel. Sa douleur s’est résolue complètement au cours des prochaines semaines

Prévention

  • Qui devrons-nous dépister et pour quelles conditions devrons-nous dépister?
  • Quand un réfugié a une plainte spécifique, nous recueillons une anamnèse ciblée, un examen physique et des tests diagnostiques
  • Toutefois, il y a parfois très peu ou pas de symptômes. Dans ces cas, quelles sont les preuves supportant le dépistage des multiples maladies affectant les réfugiés?

Ressources

Une jeune fille qui se lave les mains à un puit communal.

K. Khan, C. Heidebrecht, J. Sears, A. Chan, M. Rashid, C. Greenaway, W. Stauffer, L. Narasiah, K. Pottie, Intestinal Parasites: Strongyloides and Schistosomiasis: Evidence review for newly arriving immigrants and refugees. CMAJ in press

Deux docteurs qui portent des masques à produits toxiques.
Éclosion du virus d’Ebola.
Crédit photo: Médecins sans frontières

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